Pays : Suède
Lieu : Stockholm, automne
Conditions : -10°C, neige sous les lampadaires
Émotion : Un mélange d’humilité et de gratitude, comme si l’univers me rappelait ma petitesse
Inspiration créative : Reflets mordorés sur le bois brut
Message clé : Parfois il suffit qu’une personne y croie pour donner vie à une légende
🎄🎀🎄
🎄🎁Le bateau fantôme qui est revenu 🎁🎄
Tu te souviens de cette sensation d’enfance, quand on te racontait une histoire de pirates et que tu fermais les yeux pour mieux voir le navire fantôme surgir des brumes ? C’était comme si chaque mot prononcé t’emportait vers des horizons lointains, où l’aventure et le mystère régnaient en maître. Pour moi, ce moment magique a eu lieu deux fois dans ma vie. La première fois, j’avais 3-4 ans hypnotisée par les conteurs qui animaient les récits avec tant de passion. La deuxième, j’étais adulte, à Stockholm, et il neigeait. La douceur des flocons tombant lentement, mélangée à l’éclat des lumières de la ville, a éveillé en moi un souvenir intense, me transportant à cet instant d’émerveillement de mon enfance, me faisant rêver à nouveau d’aventures sur des mers inconnues, à la poursuite de trésors inaccessibles. Et ce trésor j’ai eu la chance de le voir en vrai.

🧣❄️Le rêve d’une petite fille de Rochefort ❄️🧣
Je suis originaire d’une petite ville juste à côté de Rochefort. À 6 ans, lors d’une sortie scolaire, on nous a emmenés voir quelque chose d’extraordinaire : des gens qui avaient le projet fou de reconstruire l’Hermione, la frégate de la liberté, à l’identique. Cette frégate légendaire qui avait transporté le marquis de La Fayette vers l’Amérique en 1780 pour soutenir la guerre d’Indépendance.
En 1992, l’association Hermione-Lafayette est née avec l’objectif de reconstruire cette frégate du XVIIIe siècle au cœur de l’arsenal historique de Rochefort, un projet qui a pris plus de 17 ans. Mais quand j’avais 6 ans, ce n’était encore qu’un rêve. Un chantier titanesque. Des passionnés qui croyaient en l’impossible.
Je me souviens de mon émerveillement absolu. Pour moi, c’était le bateau fantôme par excellence qui allait revenir d’entre les morts. J’étais tellement enthousiaste, tellement ravie qu’ils allaient y arriver. Je pense que mon amour pour les gallions est né ce jour-là, nourri par une overdose de Hook et de Peter Pan, par ces images de mâts immenses tendus vers le ciel, de voiles gonflées par le vent, de ces aventures qui sentaient la liberté et l’océan.
Je suis tombée amoureuse de leurs mâts, de leurs voiles, de leurs envergures, et de la liberté absolue qu’ils semblaient offrir. La possibilité de partir vers l’inconnu, de tracer sa route sur l’eau infinie.
🎄✨Stockholm, un soir de neige✨🎄
Des années plus tard, à Stockholm, me voilà en plein automne nordique, il faisait -10°C et la neige tombait doucement sous les lampadaires. J’étais venue voir la suède et puis au détour d’un chemin, publicité pour le Vasa. je regarde et …. je me dis il y en a un autre….. Allons le voir.
Pour son histoire, le Vasa est un navire de guerre suédois construit entre 1626 et 1628 pour le roi Gustave II Adolphe, qui a coulé lors de son voyage inaugural le 10 août 1628. Trente personnes ont péri avec le navire. Le vaisseau le plus puissant de la Baltique avait sombré devant des centaines, peut-être des milliers de spectateurs venus assister à son départ triomphal.
Après 333 ans au fond de l’eau, le Vasa a été remonté en 1961. Les eaux froides et pauvres en oxygène de la mer Baltique l’ont protégé des bactéries et des vers qui dévorent habituellement les épaves en bois, préservant environ 95% de son bois d’origine.
Quand je suis entrée dans le musée Vasa, j’ai eu le souffle coupé.
✨🎄Un Pirates des Caraïbes en grandeur nature 🎄✨
voilà pour le point historique! On repart en Suède, me voilà pénétrant sur le site du galion. Ma première impression fut d’entrer sur le tournage de Pirates des Caraïbes, mais en vrai. Un gallion immense, sombre, patiné par le temps, dressé devant moi dans toute sa majesté impossible. Ses sculptures en bois, ses ornements, ses canons encore là, témoins silencieux d’une ambition démesurée. On aurait dit le jolly rogers, ou le hollandais volant…..
Le Vasa mesurait 69 mètres de long, possédait deux ponts de canons et 64 canons de bronze, et était couvert d’élaborées sculptures en bois racontant l’histoire de la famille royale suédoise. Chaque centimètre carré de ce navire criait la puissance, l’orgueil, la beauté. C’était une œuvre d’art autant qu’une arme de guerre.
Et là, devant ce géant ressuscité, j’ai repensé à l’Hermione. À ces deux navires séparés par des siècles et des milliers de kilomètres, mais unis par la même histoire folle : des gens qui avaient cru qu’on pouvait ramener les légendes à la vie.
Le Vasa avait coulé presque immédiatement. L’Hermione avait navigué pendant des années avant de sombrer en 1793. Mais tous les deux étaient revenus. Tous les deux nous parlaient encore. il est grand temps de leur rendre hommage…..
✨🎄🎀Le travail titanesque de la résurrection 🎀🎄✨
Ce qui m’a bouleversée, au-delà de la beauté brute du Vasa, c’est l’histoire de sa renaissance. Anders Franzén, un expert en épaves du XVIe et XVIIe siècle, a redécouvert le Vasa et a été la force motrice derrière l’opération de sauvetage en 1961.
J’ai regardé des reportages sur le sauvetage du Vasa. Des images en noir et blanc montrant ce colosse émergeant des eaux sombres, ruisselant, magnifique, impossible. Le navire a été placé sur un ponton et déplacé dans un musée temporaire en novembre 1961, puis de 1962 à 1979, il a été continuellement pulvérisé avec du polyéthylène glycol pour remplacer l’eau dans le bois et lui donner un soutien interne. Un travail de préservation qui a pris des décennies. Je les ai regardé en boucle…..
Pour l’Hermione, le processus a été similaire mais inversé : plutôt que de préserver un navire retrouvé, il a fallu le reconstruire entièrement, un travail qui a commencé en 1997 avec la pose de la quille et s’est achevé en 2014. Des artisans du monde entier, des techniques anciennes retrouvées dans les archives, des milliers d’heures de travail minutieux.
Les deux projets m’ont impressionnée de la même manière. Cette obstination. Cette foi absolue qu’il était possible de ramener ces géants à la vie, que le temps n’avait pas complètement effacé leur beauté.
🎀les gallions me parlent🎀
C’est là, devant le Vasa, dans ce musée de Stockholm où la neige tombait dehors et où le silence régnait dedans, que jee me suis dit : je vais également peindre ces gallions. Parce qu’ils ont encore toute la place de nous émerveiller, comme je l’ai été. Il m’aura fallut quasiment dix ans pour le faire.
Les ornements sculptés dans le bois brut. Les figures de proue qui semblent vivantes. Les reflets mordorés quand la lumière touche ces surfaces patinées par les siècles ou par le travail acharné des artisans contemporains. Chaque détail raconte une histoire de savoir-faire, d’ambition, de rêves démesurés.
Le Vasa et l’Hermione nous rappelle quelque chose d’essentiel : il y a une beauté particulière dans les projets fous. Dans ces moments où quelqu’un décide que l’impossible mérite d’être tenté. Qu’un bateau qui a coulé il y a 333 ans peut être ramené à la surface. Qu’une frégate perdue en 1793 peut revivre en 2014. Ces navires sont des symboles de résilience humaine. Ils nous disent que nos légendes ne sont pas perdues. Qu’avec assez de foi, de travail, et d’amour pour l’histoire, on peut ressusciter ce qui semblait mort à jamais.
Debout devant le Vasa ce jour-là, j’ai ressenti encore de la gratitude, devant l’ampleur du travail accompli, devant ces hommes et ces femmes qui avaient passé des années de leur vie à sauver un morceau d’histoire. Gratitude d’être là, témoin de cette résurrection, capable de toucher des yeux ce qui aurait dû rester enseveli pour toujours. Gratitude pour ressentir la flamme d’espoir soufflés par des gens plus fous que moi-même.
C’était comme si l’univers me rappelait ma petitesse. Nous sommes si petits face au temps, face à l’océan, face à ces projets qui dépassent une vie humaine. Et pourtant, nous sommes aussi capables de choses extraordinaires quand nous décidons que quelque chose mérite d’être sauvé.
🎄🎄Une histoire de marin🎄🎄
Il y a quelque chose d’amusant dans tout ça, parce que des années après, je me suis mariée à un marin. Coïncidence ? Je ne crois pas. Je pense que ces gallions m’ont marquée pour la vie, qu’ils ont planté en moi cette attirance pour l’océan, pour les horizons infinis, pour cette liberté sauvage que seule la mer peut offrir. Mon mari comprend cette fascination. Il connaît cet appel du large, cette façon dont l’eau te transforme. Ensemble, nous partageons cet amour pour les aventures qui sentent le sel et le vent.
Dans ma collection Hiver Nordique, les images du Vasa se sont transformées en quelque chose d’autre. Les sculptures ornées du navire, ces lions, ces guerriers, ces créatures mythologiques gravées dans le bois, m’ont inspiré d’autres motifs. Les cygnes sur les lacs gelés. Les fleurs délicates du Nord qui poussent malgré le froid.
Parce que c’est ça aussi, la leçon de ces gallions : la beauté qui persiste malgré l’adversité. La grâce qui survit aux tempêtes. Ces ornements sculptés avec tant de soin, même sur des parties du navire que personne ne verrait jamais. Cette volonté de créer quelque chose de beau, même si c’est destiné à affronter les éléments les plus hostiles.
Les reflets mordorés sur le bois brut du Vasa se retrouvent dans mes pièces. Ces tons chauds sur fond froid. Cette douceur robuste. Cette élégance qui ne craint pas la rudesse.
✨Parfois il suffit d’une personne qui y croit ✨
L’association Hermione-Lafayette est née à l’initiative d’un groupe de passionnés d’histoire maritime. Anders Franzén était un technicien maritime et archéologue naval amateur. Ce n’étaient pas des géants de l’histoire. C’étaient des gens ordinaires avec des rêves extraordinaires.
Et c’est la plus belle leçon de toutes : parfois, il suffit qu’une personne y croie pour donner vie à une légende. Il suffit que quelqu’un décide que le bateau fantôme peut revenir. Que l’impossible mérite d’être tenté.
Le Vasa est remonté du fond de la mer. L’Hermione a été reconstruite planche par planche. Et moi, des années plus tard, debout dans la neige de Stockholm, j’ai compris que ces histoires ne parlaient pas que de bateaux. Elles parlaient de nous. De notre capacité à croire. De notre obstination à préserver ce qui est beau. De notre refus d’accepter que les légendes doivent rester mortes. J’ai dessiné le Vasa comme je l’ai ressenti : majestueux et fragile à la fois, flottant doucement sur l’eau dans la neige qui tombe. Des cygnes glissent autour de lui, témoins silencieux de sa résurrection. Dans mon illustration, le gallion n’est pas qu’un bateau, c’est une des milliers de légendes qui refusent de mourir, un rêve qui flotte encore malgré les siècles, que l’on continue à transmettre même quelques instants. Les reflets mordorés du bois patiné se mêlent au blanc de la neige, et chaque ornement sculpté raconte une histoire d’obstination humaine. »
🎄🎀Invitation : ton trésor enseveli 🎀🎄
Et toi, si demain ,tu devais repêcher un trésor du fond de l’océan, ça serait lequel ?
Pas forcément un bateau. Peut-être un rêve d’enfance que tu as abandonné. Une passion que tu as enfouie. Un projet fou que tu n’oses pas commencer parce qu’il semble trop grand, trop impossible, trop tardif.
Qu’est-ce qui dort au fond de ton océan personnel, en attendant que quelqu’un ait assez de foi pour le ramener à la surface ?
Parce que si des passionnés ont pu ressusciter des gallions du XVIIe et XVIIIe siècle, si le Vasa peut se dresser aujourd’hui dans toute sa splendeur après 333 ans sous l’eau, si l’Hermione peut naviguer à nouveau après avoir été perdue pendant plus de deux siècles, alors peut-être que ton trésor aussi attend juste que tu y croies assez fort.
Écris-moi. Dis-moi quel est ton Vasa, ton Hermione. Quel est ce projet, ce rêve, cette beauté que tu aimerais ramener à la vie. Parce que les légendes ne meurent jamais vraiment. Elles attendent juste quelqu’un d’assez fou, d’assez obstiné, d’assez amoureux pour les faire revenir.
Et qui sait ? Peut-être que dans quelques années, quelqu’un d’autre se tiendra devant ta création ressuscitée, les yeux pleins d’émerveillement, se demandant comment tu as fait pour rendre l’impossible possible.
Défi de la semaine : Cette semaine, identifie un projet ou un rêve que tu as mis de côté. Écris-le sur un papier. Pas besoin de le commencer tout de suite. Juste de reconnaître qu’il existe, qu’il attend, comme le Vasa attendait au fond de la mer de Baltique. Parfois, reconnaître qu’un trésor existe est la première étape pour le repêcher.
Partage : Tagge une personne qui a un rêve fou qu’elle n’ose pas poursuivre. Envoie-lui cet article. Rappelle-lui que si on peut ressusciter des gallions du XVIIe siècle, elle peut certainement réaliser ce qui lui tient à cœur.
Collection : Retrouve l’esprit de cette histoire dans les pièces de ma collection Hiver Nordique, où les motifs de cygnes et de fleurs du Nord portent en eux cette même leçon : la beauté qui persiste, la grâce qui survit, l’impossible qui devient réel.
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