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🕯️✨Quand l’automne finlandais devient doré✨🕯️
C’était fin d’automne. Cette période étrange en Finlande où les saisons se confondent, où l’été n’est plus qu’un souvenir chaud mais où l’hiver n’a pas encore tout gelé. Les premières traces de neige apparaissaient sur le sol de la forêt, comme de la dentelle blanche posée sur un tapis de feuilles mortes. Il faisait -5°C. La nuit tombait déjà à 15h, grignotant le jour comme elle le fait pendant des mois dans ces latitudes nordiques. Mais ces quelques heures de lumière pâle suffisaient pour une activité devenue rituelle en Finlande depuis des générations : la cueillette sauvage.
Septembre est le meilleur mois pour trouver à la fois les baies de fin de saison et les premiers champignons lors d’une même sortie. Mais nous étions déjà plus tard, à cette frontière floue entre octobre et novembre, où la forêt offre ses derniers trésors avant de s’endormir sous la neige.
🌙💛Une tradition ancrée dans les os💛🌙
La cueillette en Finlande n’est pas qu’un passe-temps. C’est une partie essentielle de la culture. Environ la moitié des Finlandais, quel que soit leur statut socio-économique, vont cueillir des baies sauvages chaque été. Et plus de 70% des Finlandais pratiquent la cueillette de champignons sauvages.
C’est une tradition transmise oralement, de génération en génération. Les grands-mères finlandaises mettent leurs bottes, nouent des foulards autour de leur tête pour protéger leurs cheveux, et disparaissent dans les bois. Au crépuscule, elles rentrent chargées de trésors : myrtilles, framboises, airelles et champignons.
Ce jour-là, j’avais la chance d’être accompagnée de pisteurs finlandais. Ces gens qui connaissent la forêt comme leur poche, qui peuvent lire le sol comme un livre ouvert, qui savent où chercher selon la température, l’humidité, le type d’arbres.
💖Le trésor doré des forêts : les chanterelles💖
La chanterelle, avec son chapeau jaune vif, est devenue un symbole de l’été finlandais. On la trouve dans tous les restaurants du pays, du nord au sud. Mais la ramasser soi-même, dans le silence d’une forêt nordique, c’est une expérience incomparable.
Les chanterelles brillent comme de petites lampes dorées sur le sol sombre de la forêt. Elles poussent souvent en groupes, cachées sous les feuilles, près des racines des arbres. Quand tu en trouves une, tu baisses les yeux autour d’elle et souvent, comme par magie, tu en découvres d’autres.
Ce jour-là, nous cherchions aussi des girolles tardives, des cèpes si la chance nous souriait. La saison la plus abondante pour les champignons en Finlande s’étend d’août à octobre, et nous étions juste à la fin de cette fenêtre bénie.
Mais la cueillette de champignons demande de la prudence. Bien que le droit de tout un chacun (jokamiehenoikeudet) permette à quiconque de cueillir librement, la connaissance est essentielle car certains champignons sont toxiques. Les pisteurs finlandais m’apprenaient à distinguer les espèces comestibles des dangereuses, à reconnaître les signes, les textures, les odeurs. On a d’ailleurs plaisanté à ce sujet, de savoir à qui serait la faute si on mourrait…..
💌🌸Le footing le plus rapide de ma vie, pour une soupe 💌🌸
La forêt finlandaise est un sanctuaire de silence. Le bruit de tes pas sur la neige qui craque. Ta respiration qui forme des nuages blancs dans l’air froid. Le vent qui soupire dans les branches des pins. Rien d’autre. Jusqu’à ce moment. Un des pisteurs s’est figé. Je l’ai vu se redresser. Puis, avec un calme qui contrastait avec ce qu’il faisait, il a murmuré en finlandais. Le switch niveau langage est généralement pas très bon signe. En gros ils ont trouvé de traces. Maman ours et son petit.
J’ai regardé le sol. Là, dans la terre fraîche, des empreintes massives. Et à côté, plus petites, celles d’un ourson. Il y avait des branches cassées sur les arbres…. signe de passage….. Mon cœur s’est arrêté. Puis il s’est remis à battre, mais beaucoup trop vite.
Les ours en Finlande ne sont pas agressifs par nature. Mais une mère avec son petit ? C’est une tout autre histoire. Elle protégera son ourson à tout prix. S’approcher d’elle, même par accident, serait la pire des erreurs.
« Comment tu te sens pour courir maintenant? m’a demandé nonchalamment mon tuteur.
Dans le stress de la situation, je n’ai pas pu m’empêcher de rire.
On court, Maintenant » a répondu un du groupe.
Et nous avons couru. Le footing le plus rapide de ma vie. Mais surement le plus mémorable. Quel plaisir de courir dans la forêt magnifique, de voir défiler les arbres, les rochers et la neige qui tombe en flocons légers. Nos paniers de champignons ballottant contre nos hanches, nos respirations haletantes, la neige qui volait sous nos semelles. Courir dans une forêt finlandaise en plein crépuscule, avec l’adrénaline dans les veines.
Quand nous nous sommes enfin arrêtés, loin, en sécurité, nous avons éclaté de rire. Ce rire nerveux, libérateur, remplis d’endorphines. Nous étions vivants. Nous avions nos champignons. Et nous avions une soupe à cuisiner.
🕯️✨La cuisine comme rituel de gratitude 🕯️✨
De retour dans la chaleur d’un logement de Turku, nous avons commencé à préparer notre butin. C’est là que la vraie magie a commencé.
Cuisiner ensemble après une cueillette, ce n’est pas juste faire un repas. C’est un rituel. C’est transformer ce que la forêt t’a donné en quelque chose de délicieux, de réconfortant, de partageable.
Le kanttarellikeitto est une soupe traditionnelle originaire de Finlande, généralement préparée avec des chanterelles, du beurre, des oignons, du persil, de la farine, du bouillon de légumes, de la crème épaisse, du sel et du poivre.
Nous avons nettoyé nos champignons avec soin, brossant doucement la terre et les aiguilles de pin. Quelqu’un coupait les oignons. Un autre faisait fondre le beurre dans une grande marmite. L’odeur commençait à remplir la pièce . Ce parfum terreux, légèrement fruité des chanterelles fraîches qui chauffent dans le beurre.
La bonne humeur régnait. Des plaisanteries fusaient en finnois et en anglais approximatif. Quelqu’un racontait comment sa grand-mère cachait ses meilleurs spots de cueillette même à sa propre famille, les gardant secrets jusqu’à sa mort.
🕯️💖Le temps comme cadeau le plus précieux💖🕯️
Assis autour de cette table, attendant que la soupe mijote, j’ai réalisé quelque chose de fondamental. Ce n’était pas les champignons qui comptaient le plus. Ce n’était même pas la soupe, aussi délicieuse soit-elle.
C’était le temps. Le temps partagé ensemble. Le temps passé dans la forêt, côte à côte, à chercher ces petits trésors dorés. Le temps de cuisiner ensemble, chacun avec sa tâche, mais tous unis dans le même objectif. Le temps de rire de notre fuite devant l’ours invisible mais terrifiant.
Dans notre monde où tout va vite, où on achète tout déjà fait, où les relations se construisent en messages courts et en likes, s’accorder du temps devient le cadeau le plus précieux qu’on puisse offrir.
Ces pisteurs finlandais ne m’offraient pas qu’une sortie en forêt. Ils m’offraient leur connaissance transmise sur des générations. Leur attention. Leur présence. Leur joie simple de partager ce qu’ils aimaient.
🌙La soupe qui réchauffe plus que le corps🌙
Quand la soupe fut enfin prête, crémeuse, dorée, parsemée de persil frais, nous l’avons servie dans de grands bols en bois. Dehors, la nuit était déjà là, noire et froide. Mais dedans, il faisait chaud. Pas juste physiquement. Chaud au cœur.
Chaque cuillère goûtait l’automne finlandais. La terre humide. Le vent dans les pins. Le danger évité. Le rire partagé. L’aventure vécue ensemble.
La cueillette en Finlande n’est pas seulement une question de nourriture. C’est prendre le temps d’entrer dans une forêt couverte de mousse, de respirer l’un des airs les plus purs du monde, et de goûter le paysage finlandais au fil des saisons.
Et cette soupe ne goûtait pas juste les champignons. Elle goûtait l’expérience. Le temps accordé. L’attention portée. La générosité de ceux qui partagent leurs secrets, leurs lieux, leur savoir.
✨🕯️Le vrai prix des choses🕯️✨
Dans un supermarché, tu peux acheter des champignons. Peut-être même des chanterelles si tu as de la chance et un bon budget. Tu peux acheter une soupe en conserve, la réchauffer en trois minutes au micro-ondes.
Mais tu ne peux pas acheter cette expérience. Tu ne peux pas acheter le moment où tu trouves ton premier champignon doré caché sous les feuilles. Tu ne peux pas acheter le rire nerveux après avoir couru pour échapper à un ours. Tu ne peux pas acheter la chaleur d’une cuisine partagée, où chacun apporte sa pierre à l’édifice du repas.
Un cadeau peut ne pas avoir de prix si c’est le temps de s’accorder l’un à l’autre au détour d’une activité entre nous.
Ces pisteurs finlandais auraient pu me donner un panier de champignons déjà cueillis. Ça m’aurait dépannée. Mais ils m’ont offert quelque chose d’infiniment plus précieux : leur temps, leur savoir, leur présence.
🌙La leçon de la forêt finlandaise 🌙
La forêt finlandaise, ma vie là bas m’a enseigné que les meilleures choses de la vie ne s’achètent pas. Qu’elles se vivent. Qu’elles se partagent. Qu’elles se construisent ensemble, pas à pas, champignon après champignon, rire après rire.
Grâce au droit de tout un chacun « jokamiehenoikeudet », n’importe qui, qu’il soit local ou visiteur, peut se promener dans les forêts, cueillir des baies, ramasser des champignons ou récolter des herbes pour usage personnel presque partout.
Mais ce droit, aussi généreux soit-il, ne donne pas l’essentiel. Il donne l’accès à la nature. Pas l’accès au savoir. Pas l’accès à la connexion humaine. Pas l’accès à ces moments magiques où quelqu’un décide de t’apprendre, de te montrer, de partager son temps avec toi. Surtout pour une population très protectrice de son savoir vivre.
🌙L’invitation : accorde ton temps🌙
Suite à mon histoire, je voulais te demander à qui as-tu accordé ton temps récemment ? Pas juste quelques minutes volées entre deux obligations. Mais vraiment du temps. Du temps plein, entier, présent.
A l’approche des fêtes à qui pourrais-tu offrir ce cadeau ? Même si c’est à toi. Ce cadeau qui n’a pas de prix, qui ne se trouve dans aucun magasin, qui ne peut pas être commandé en ligne.
Le temps de faire une activité ensemble. De cuisiner côte à côte. De marcher dans une forêt, même si ce n’est pas en Finlande. De créer quelque chose avec tes mains. De partager ce que tu sais. D’apprendre quelque chose de nouveau.
Dans ma collection Hiver Nordique, j’essaie de capturer cet esprit. Ces moments où on ralentit. Où on s’accorde. Où la vraie richesse n’est pas dans ce qu’on possède mais dans ce qu’on partage.
Cette soupe forestière est devenue pour moi un symbole. Un symbole de tout ce que j’aime dans les pays nordiques. Cette capacité à trouver le bonheur dans les choses simples. Cette générosité tranquille. Cette façon de considérer le temps comme le cadeau le plus précieux qu’on puisse offrir.
Défi de la semaine : Cette semaine, offre ton temps à quelqu’un., ou à toi même. Pas d’argent. Pas d’objet. Ton temps. Propose une activité à faire ensemble : cuisiner, marcher, créer, apprendre. Quelque chose qui demande ta présence pleine et entière. Observe comment ce cadeau transforme non seulement la personne qui le reçoit, mais aussi toi-même. perçois ce cadeau comme un vrai moment.
Partage : Souviens-toi d’une fois où quelqu’un t’a offert son temps de façon généreuse. Pas parce qu’il le devait, mais parce qu’il le voulait. Comment cette générosité t’a-t-elle marquée ? Parce que ces histoires méritent d’être racontées, elles rappellent ce qui compte vraiment.
Collection : Retrouve l’esprit de cette soupe forestière dans ma collection Hiver Nordique. Chaque pièce porte en elle cette philosophie : ralentir, partager, s’accorder. Parce que le vrai luxe n’est pas dans l’or ou les diamants, mais dans ces moments où on s’offre notre présence, notre attention, notre temps.

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