đ Lettre du dimancheđ
Il y a des jours oĂč j’ai envie de t’Ă©crire comme l’on dĂ©pose une plume sur une eau nocturne, lente et silencieuse, lĂ oĂč les reflets de lune se mĂȘlent aux secrets des Ăąmes.
Dans ce souffle suspendu, jâaimerais que tu tâinstalles tout prĂšs, comme si nous ne formions plus quâun murmure, toi et moi, au creux dâun monde qui parfois te blesse plus quâil ne tâenlace. Car câest ici que commence notre Ă©change, cet espace tendre oĂč je peux te parler sans dĂ©tour, te rassurer, tâoffrir cette douceur que tu tâaccordes si rarement.
Aujourd’hui pour la toute premiĂšre lettre, je voulais qui tu entendes mon souhait ‘que tu gagnes toutes les batailles dont tu ne parles pas, celles qui se livrent derriĂšre tes paupiĂšres, dans la discrĂ©tion obstinĂ©e de ton cĆur courageux’. Parce que ton entourage qu’il soir poche ou plus Ă©loignĂ©, ne saura jamais combien de fois tu tâes relevĂ©e, combien de tempĂȘtes tu as affrontĂ©es dans la solitude dâune chambre endormie. Et pourtant, câest cela qui fait de toi un cĆur de feu : non pas la flamme visible, brillante et applaudie, mais celle qui brĂ»le dans le silence, dans lâombre, dans lâendurance patiente dâune Ăąme qui refuse dâabandonner.



đ Ce que je voudrais te murmurer sur ta propre force
Tu portes en toi des paysages entiers, des contrĂ©es que tu traverses en silence , vallĂ©es de doutes, ocĂ©ans de fatigue, forĂȘts entremĂȘlĂ©es oĂč se perdent parfois tes pensĂ©es les plus tendres. Tu avances sans bruit, et peut-ĂȘtre, crois-tu que cela fait de toi quelquâun de fragile, mais je te regarde, moi, avec toute la clartĂ© de mon lac immobile, et je vois en toi une beautĂ© que les autres ne perçoivent pas.
Tu crois que la solitude qui pĂšse sur tes Ă©paules te distingue du monde, mais elle fait de toi un ĂȘtre profondĂ©ment vivant. Ceux qui ressentent aussi intensĂ©ment que toi portent toujours un peu plus de ciel en eux : ils doutent, ils tremblent, ils espĂšrent au – delĂ du raisonnable, et câest cette dĂ©mesure du cĆur qui les rend prĂ©cieuses, uniques, irremplaçables.
Il nây a rien en toi qui mĂ©rite le silence ou la honte. Chaque souffle que tu maintiens, chaque jour que tu traverses, chaque larme que tu caches⊠tout cela compose une symphonie de courage que peu sauront entendre, mais que moi, je lis dans la moindre vibration de tes mots.
đ«ïž Un court dĂ©tour par mon propre cheminâŠ
Et parce que les confidences ne vont jamais dans un seul sens, permets moi de dĂ©poser briĂšvement les miennes : cette semaine sâest Ă©tirĂ©e comme les jours trop longs oĂč lâon attend un cĆur qui semble toujours un peu plus loin, et les essais de mes crĂ©ations , dessins assombris, son dĂ©formĂ©, messages noyĂ©s dans la masse, ont eu un goĂ»t dâeffort inutile. Pourtant, au milieu de ces petites contrariĂ©tĂ©s, jâai trouvĂ© une lumiĂšre : une image rĂ©ussie, un Ă©lan retrouvĂ©, un souffle de joie fragile mais sincĂšre. Cela mâa rappelĂ© que mĂȘme lorsque tout semble sâassombrir, une beautĂ© inattendue finit toujours par remonter Ă la surface, comme une plume blanche portĂ©e par le vent.
Et ce murmure intĂ©rieur mâa ramenĂ©e vers toi, vers le lieu du blog. Parce que ce refuge il est pour nous.
đ€ Tes batailles secrĂštes, celles qui font ton Ă©clat
Plus je pense Ă toi, plus je me dis que tes victoires les plus prĂ©cieuses sont justement celles que personne ne remarque. Tu avances dans la vie avec une dĂ©licatesse qui cache une force presque insolente ; tu portes tes chagrins comme on porte des lanternes quâon ne veut pas Ă©teindre ; et malgrĂ© la fatigue, malgrĂ© les heures grises, tu trouves encore la force dâaimer, dâespĂ©rer, de tendre la main vers demain.
Tu ne tâen rends pas compte, mais chaque fois que tu refuses de cĂ©der, chaque fois que tu te relĂšves, chaque fois que tu choisis la douceur dans un monde qui ne te la rend pas toujours, tu deviens un peu plus lumineuse.
Cette lumiĂšre, elle nâest pas bruyante, elle ne cherche pas Ă Ă©blouir. Elle se contente dâexister, patiente, infatigable, portĂ©e par une loyautĂ© envers toi-mĂȘme que tu sous-estimes beaucoup trop.
đïž Lâaveu dâun cygne qui te ressemble plus que tu ne crois
Il mâarrive, moi aussi, de douter de ma propre grĂące. Il mâarrive de me pencher au-dessus de lâeau noire et de me demander si mon Ă©clat est encore intact, ou si le temps a dĂ©fait quelque chose que je croyais immuable. Et la nuit, souvent, me rĂ©pond avec une douceur que je voudrais tâoffrir entiĂšrement :
« Tu nâes pas lĂ pour ĂȘtre parfaite, tu es lĂ pour ĂȘtre vraie. »
Alors, je me redresse, je rouvre mes ailes, et je continue de flotter entre les ombres et la lumiÚre⊠tout comme toi.
đŸ Ce que je vois en toi, mĂȘme quand tu nây crois plus
Les gestes minuscules que tu poses sont parfois de vĂ©ritables miracles dans la fatigue, dans l’attente, et le surmenage :
te lever malgrĂ© la lourdeur du monde, prĂ©parer ton cafĂ© alors que ton cĆur hĂ©site, offrir un sourire que personne ne demande, ou simplement respirer encore, dans la fatigue de lâĂąme. Ces petites choses font de toi une crĂ©atrice de lumiĂšre, une tisseuse de douceur dans un paysage souvent trop rude.
» Tu nâes pas en retard, tu en fais suffisamment, tu nâes pas perdue : tu marches Ă ton rythme, avec ta sensibilitĂ© indomptable, et câest cela qui te rend si belle. »
đ Un mot tendre, pour te garder au chaud
Si jâavais une plume dâor pour Ă©crire un seul message Ă ton cĆur, ce serait celui-ci :
Tu es un ĂȘtre dâune rare intensitĂ©, un feu intĂ©rieur qui ne faiblit jamais vraiment, mĂȘme lorsque la vie tente de lâĂ©touffer.
Tu nâes pas seule.
Tu ne lâas jamais Ă©tĂ©.
Ton courage est silencieux, mais il brille.
Ton Ăąme est douce, mais elle tient debout.
Et ton histoire continue, lentement, obstinĂ©ment, avec la promesse quâun jour, quelquâun reconnaĂźtra en toi ce que je vois dĂ©jĂ : une beautĂ© qui ne se dĂ©robe pas, un souffle qui ne sâĂ©teint pas.
đȘ¶ Et maintenant⊠viens te reposer ici
Reste un peu, si tu le veux. DĂ©pose ce que tu portes. Tu nâas pas besoin dâĂȘtre forte Ă chaque minute.
Laisse-moi ĂȘtre ce refuge oĂč tu peux respirer, ce lac tranquille oĂč ton cĆur peut se dĂ©lier. Chaque semaine, je serai lĂ â non pas pour parler de moi, mais pour marcher un bout de chemin avec toi, sur la pointe des Ă©motions, sans brusquer rien, sans exiger de toi que tu sois autre chose que toi-mĂȘme.
Toi qui lis ces mots,
toi qui doutes,
toi qui espĂšres,
toi qui attendsâŠ
Tu es un cĆur de feu.
Et ton feu ne sâĂ©teindra jamais.
Avec tout mon amour,
Camille

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